L’environnement

Comme beaucoup de villages Corses, Pastoreccia possède son histoire. Tout d’abord, ce village a vu naître la maman de Pascal PAOLI: Dionisa Valentini. Originaire d’une famille de notable, orpheline de père depuis l’âge de 3 ans, elle est confiée à son oncle qui est prêtre piévan, Ignazio Valentini. Elle est originaire du village de Pastoreccia. Après avoir refusé le mariage avec un Valentini, un parent de Campile, elle se marie à Giacinto Paoli, originaire du hameau de Stretta au village de Morosaglia. Elle met au monde, le 6 avril 1725, au hameau de Stretta, Filippo, Antonio, Pasquale Paoli, alors que la Corse est encore sous domination génoise. Il deviendra plus tard général en chef de la nation Corse…

Nous retrouvons Pascal PAOLI, quelques années plus tard, à Ponte-Novo, commune de Castello-di-Rostino,

La bataille de Ponte-Novo qui eut lieu du 8 au 9 mai 1769, est le point final des affrontements entre les troupes de Pascal Paoli, composées de Corses et de mercenaires allemands ou suisses et les armées du roi de France, Louis XV, aidées de soldats corses du parti français. Ouvrant aux grenadiers français la route de Corte, capitale de la nation corse, cette bataille marque la fin de la seconde et dernière phase de la guerre de Corse.

À la suite de cette défaite, Paoli prendra le chemin de l’exil. Ponte Novu marque la fin de l’indépendance paoliste, qui aura donc duré quatorze ans, de 1755 à 1769. Ainsi s’achève le rêve d’un royaume corse indépendant… Aujourd’hui encore, la bataille de Ponte Novu est commémorée chaque année le 8 mai, avec ferveur, et donne le plus souvent lieu à des reconstitutions en costumes d’époque.

Le statut de Pascal PAOLI lui vaut aujourd’hui d’avoir son musée dans sa maison natale à MOROSAGLIA. La chapelle funéraire, enfin, conserve ses cendres ainsi que la pierre tombale qui ornait son caveau au cimetière londonien Saint Pancrace.

Cela prouve aussi le respect des Corses pour les « Anciens » et les morts, tout autant que l’impact de la religion sur la vie quotidienne. A cet effet, tout village s’est doté de sa propre église ou chapelle. Castello-di Rostino et ses alentours regorge de « monuments » devenus « historiques. Nous pouvons citer entre autres:

– La Chapelle San-Tumasgiu

L’Eglise Santa Reparata de Morosaglia

Couvent Saint-François d’Orezza à Piedicroce

Eglise Saint-Michel de Murato

Eglise Sainte-Marie de Pastoreccia

Ce respect se traduit aussi par la célébration, le vendredi Saint, à BISINCHI, du « Catenacciu », ou plus précisement de « l’incatenatu », à ne manquer sous aucun pretexte. Comme le veut la coutume, la passion du Christ est vécue par un pénitent anonyme, en cagoule, lourdement enchaîné et pieds nus, portant la croix à travers les ruelles étroites du village éclairées de torches, au son des cantiques et du « Perdono mio Dio ».

Mais, à un autre titre, deux secteurs restent tout aussi important que la religion: La terre et l’eau. Avec un potager, de l’eau, des animaux et une église, tout habitant pouvait vivre.

Au niveau de la terre, Pastoreccia est au nord ouest de la CASTAGNICCIA, patrie des châtaigners. Ce fut très longtemps la base des repas, tant par la farine que la pulenta et autres plats typiques.L’eau était tout aussi importante, d’où le nombre de fontains. Pastoreccia en compte deux. Mais tout autour du village, des sources pratiquement intarissables alimentent des ruisseaux naturels qui vont alimenter le GOLO. Nous pouvons donc voir de magnifiques ponts génois, dont le plus connu reste, dans les environs celui de l’ASCO.